dimanche 3 mai 2015

Et si Chavez avait raison...

   Le mercredi 29 avril dernier, le Centre d'étude des sciences et techniques de la communication (Cesti) a reçu la visite de l'ambassadeur de la République bolivarienne du Venezuela en poste à Dakar, Son excellence M. Eddy Cordova. Le diplomate au cours d'un exposé d'une trentaine de minutes, a résumé les grandes de ce que l'on  qualifie de "Révolution Chaviste". Un échange au cours duquel les défaillances d'un système où l'argent règne en maître absolu ont été mis en exergue. Le capitalisme érigé un assassin de l'humanité. 

    Dimanche 3 avril. Il est 9 h 25 à la montre du taxi de marque Peugeot que j'emprunte pour me rendre à la Patte d'oie Builders. Le taximan, un homme élancé d'une quarantaine d'année, avoue espérer que je lui porterai chance tout au long de cette journée fatidique. Ayant remarqué mon regard étonné, il m'informe qu'il a été expulsé ce matin de sa maison par un huissier. Deux mois de loyers impayés. Une larme presque au bord de ses yeux rouges, le monsieur pense à ses six filles qu'il a laissé dans une maison sans toiture prêté par un voisin juste pour passer la nuit. "Je dois trouver un quelque chose pour l'avance" martèle t-il. Les pensées traumatisées par la vue de sa fille aînée de 15 ans, il crie à la méchanceté des hommes."Les gens de nos jours sont devenus méchants". Toujours pas rétablis d'une hémorroïde qui l'a cloué au lit deux mois durant, il n'a pu se faire opérer comme prescrit par le médecin: "Je n'arrive pas à payer un loyer de 70.000 F Cfa et c'est 200.000 F Cfa que je vais verser". 
    Cette histoire a suscité en moi un peu de dégoût par rapport à la société dans laquelle l'on vit de nos jours. Sans argent, l'accès aux soins de santé s'avère de l'utopie. Vivant pourtant dans la Rès Publicà, la chose d'autrui, donc de nous tous, une franche de la population détient le monopole de la richesse. Une très petite franche. Les politiciens pour lesquels les besoins des populations à majorité pauvres, ne sont prises en considération qu'à la veille d'échéances électorales. Des industriels qui pour la plupart ont bénéficié des subventions de jeunes Etats voulant se constituer une classe industrielle nationale. De hauts fonctionnaires dont les études en occident ont été financé par les pouvoirs publics. Ou encore de jeunes sportifs qui ont eu la chance de percer dans le football et le basket-ball. 
   La mobilité sociale érigée en garantie, c'est plutôt en une répétition des phénomènes que l'on assiste. Le fils du  haut fonctionnaire devient haut fonctionnaire, le descendant de l'industriel prend les rênes de l'entreprise familiale et la politique est le parachute pour un accès rapide à une fortune. L'intérêt général est jeté en pâture à des charognards de la fortune publique. Au sein de ce système, il faut être vil pour s'en sortir. Seules les mains les plus sales s'en sortent. Au bas de l'échelle, l'ouvrier doit fournir des efforts physiques énormes (parfois lui coûtant la santé) et ne toucher qu'un faible centime sur les bénéfices. 
   Selon un rapport d'Oxfam, les inégalités sociales se sont accrues depuis la crise financière. Les riches sont devenues beaucoup plus riches. Et les pauvres, tirant par la queue en plus de celle de Lucifer, celle de son fils, Méphisto.   Le vol, la prostitution devenant comme les seuls recours pour s'en sortir. Et les forts taux enregistrés dans les pays capitalistes ne sont pas anodins. Comme quoi, le combat de Hugo Chavèz face à ce système qui retire toute humanité à l'homme se doit d'être on ne moins taxé d'illuminé ou encore de vain. Et les Etats-unis sous la présidence de Barack Obama ont avec la loi sur la santé montré à quel point ce système peut être froid et reléguer l'intérêt général au second rang. Comme quoi, peut-être bien que Chavez a raison.