jeudi 26 novembre 2015

Plan Sénégal Emergent: Ndongo Samba Sylla émet des critiques

Mme Sonko,MM. Ndongo Samba Sylla et Thierno Diop
Le mercredi 25 Novembre dernier, la case foyer du Centre des études des sciences et techniques de l’information (Cesti) a tenu son troisième Carrefour d’actualité de l’année académique 2015-2016.  Comme invité, l’économiste Ndongo Samba Sylla a présenté un exposé sur la problématique de l’émergence en Afrique de l’Ouest.

Comme pour marquer l’actualité du thème de l'après-midi, l’organisateur des Samedi de l’économie à la fondation Rosa Luxembourg, affirme à l’entame de ses propos que « l’émergence est un concept dont on parle beaucoup ses derniers temps. Et dans plusieurs pays africains, les gouvernements ont même commencé à lancer des plans d’émergence : Gabon émergent, Bénin émergent, Sénégal émergent ». Théorie économique récente, l'émergence remonte à 1981 et est de l’économiste Antoine Van Agtmael affirme Ndongo Samba Sylla. Militant d’un développement du continent noir à partir d’un panafricanisme économique, le vice-champion du monde de scrabble fustige le discours d’une « réalité » de l’émergence africaine. Après avoir fait une présentation des types de pays émergents allant des Brics au pays dont le dynamisme économique est prouvé (Turquie, Malaisie), en passant par les pays ayant réussis leur industrialisation (Corée du Sud notamment), celui qui se réclame de l’école de pensée de Joseph Ki-Zerbo argue que les Pib avancés par les institutions de Bretton Woods ne reflètent pas la réalité sociale. «La croissance économique ne concerne que cent mille africains sur une population de près d’un milliard » renchérit-il; comme pour démontrer l’ampleur des inégalités que l’on rencontre sur le continent. Il poursuit son analyse en expliquant que « L’indice du bien-être décroît de jour en jour »  et appelle les gouvernements africains à sortir de la zone Franc, pour un espoir de développement.


En fin de présentation, Ndongo Samba Sylla s’attaque au Plan Sénégal émergent (Pse) mis en place par le régime actuel du président Macky Sall. Selon lui, ce programme n’est « qu’un fourre-tout » de plusieurs stratégies élaborées par un cabinet occidental, rémunéré à plus de 2 milliards de Francs Cfa. Et, comme pour mieux remuer le couteau dans la plaie, il affirme par après qu’un « programme auquel les économistes nationaux n’ont pas été appelé à y contribuer, ne peut conduire qu’à un échec. En réalité, il ne vise qu’à rattraper économiquement des pays tels que la Colombie ou le Honduras qui ne sont pas des pays émergents ».  En conclusion de son exposé, Ndongo Samba Sylla s’est soumis au rituel des questions de l’assistance et l’activité s’est achevée par une photo de famille en compagnie des étudiants et de l’administration du Cesti dont Mme Elisabeth Sonko et le doyen Thierno Diop. 

dimanche 22 novembre 2015

Anas Aremeyaw Anas, danger pour la société

Projection du film "Chameleon" aux étudiants du Cesti
A l’initiative du festival Ciné droit-libre, le mercredi 18 novembre dernier a eu lieu dans la salle case-foyer, la projection d’un film-documentaire sur le journaliste d’investigation ghanéen, Anas Aremeyaw Anas. Film d’une durée de 1h 15 minutes, Chameleon du réalisateur canadien Ryan Mullins, fait une immersion dans le quotidien du journaliste-reporter au TheCrusading Guide.

Maître dans l’art du déguisement, Anas Aremeyaw s’est constitué une réputation de journaliste intrépide. Menant une lutte acharnée contre des pasteurs violeurs de jeunes filles, les médecins-charlatans prompts à abuser sexuellement de leurs patientes venues pour un avortement, ou encore aidant à démanteler un réseau de prostituées vietnamiennes, Anas est une star dans la société ghanéenne. Elevé dans une base militaire, le jeune enquêteur se lance dans la profession au début des années 98. Issu d’une famille modeste, celui que son père prédestinait à une carrière militaire, se pose en défendeur des opprimés. Justicier dans la tête, son credo est l’interpellation, l’emprisonnement ainsi que l’humiliation de ceux qu’il taxe de corrompus.

Procédant à l’infiltration de membres de son équipe, dont les célèbres Spices Girls, Anas a recours à l’utilisation de caméras et de micros espions. Des techniques qui suscitent de nombreuses critiques de la part des journalistes tant sur le plan national, qu’international. Obligé de se masquer en public, les révélations faites au cours de ses enquêtes l’obligent à vivre reclus. Sa collusion avec les forces de police, ainsi qu’avec la justice, est une preuve pour ses pairs qu’il est ni plus ni moins qu’un indicateur se substituant parfois aux inspecteurs. Sa dernière vidéo en caméra cachée a créé un tollé général au Ghana tout dernièrement. Plus de 50 juges ont été suspendu au lendemain de la diffusion de cette vidéo aux effets d’une bombe. Une projection qui soulève le danger que peuvent avoir les enquêtes d’Anas Aremeyaw, qui se pose dès lors, comme une source d’instabilité pour bien de sociétés.   


jeudi 11 juin 2015

Environnement: La baie de Ngor en danger

Zone touristique adulée par les surfeurs, la baie de Ngor dont la plage est prisée par les dakarois, connait un phénomène de pollution sans nul pareil. Une catastrophe écologique qui contraste avec l'inaction des autorités.  


Ngor-Almadies, zone 8 extension. A l'embouchure située à quelques lieux du King Fahd Hôtel, une plage est infestée par des ordures ménagères et des déchets plastiques dont certains ont servi d'emballage à des excréments humains. Une toilette construite en matériaux provisoires en indique la source. Les pierres, baignent dans une eau noire qui dégage une odeur pestilentielle. Une eau malodorante qui, vue la marée haute, s'engouffre dans des canaux remplis de vase. 
Des moustiques survolent le liquide hideux, tandis que sur un pont enjambant, trois enfants tapent dans un ballon. Certainement ils sont inconscients du risque de santé qu'ils encourent. Mais que peuvent-ils y faire? Ils vivent dans les maisons construites aux alentours du canal. Au marché de Ngor,  des commerçants déversent les saletés de la journée. La grève des concessionnaires des ordures passent par là. 
Non loin de la mairie, quatre surfeurs occidentaux observent le phénomène d'eutrophisation. Un d'entre eux témoignent être attaqué par des mycoses à l'épiderme. "L'eau est souillée au large" témoigne David. "Notre peau est attaquée par des bactéries" surenchérit-il. Une situation  désastreuse pouvant conduire à la fuite des touristes. 
Les autorités administratives approchées, affirment avoir pris connaissance de cette situation. Elles accusent les populations riveraines d'utiliser ces conduits comme eaux d'évacuation de fausses sceptiques. Et à la question des solutions envisagées, l'agent de la mairie qui a souhaité garder l'anonymat, informe qu'une opération de curetage est envisagée. Mais les ressources financières nécessaires ne sont pas encore disponibles. Peut-être que la taxe d'accès à la plage fixée à 200 F Cfa par ticket aidera à collecter les fonds nécessaires à la réalisation de cette vaste opération. 


  



dimanche 3 mai 2015

Et si Chavez avait raison...

   Le mercredi 29 avril dernier, le Centre d'étude des sciences et techniques de la communication (Cesti) a reçu la visite de l'ambassadeur de la République bolivarienne du Venezuela en poste à Dakar, Son excellence M. Eddy Cordova. Le diplomate au cours d'un exposé d'une trentaine de minutes, a résumé les grandes de ce que l'on  qualifie de "Révolution Chaviste". Un échange au cours duquel les défaillances d'un système où l'argent règne en maître absolu ont été mis en exergue. Le capitalisme érigé un assassin de l'humanité. 

    Dimanche 3 avril. Il est 9 h 25 à la montre du taxi de marque Peugeot que j'emprunte pour me rendre à la Patte d'oie Builders. Le taximan, un homme élancé d'une quarantaine d'année, avoue espérer que je lui porterai chance tout au long de cette journée fatidique. Ayant remarqué mon regard étonné, il m'informe qu'il a été expulsé ce matin de sa maison par un huissier. Deux mois de loyers impayés. Une larme presque au bord de ses yeux rouges, le monsieur pense à ses six filles qu'il a laissé dans une maison sans toiture prêté par un voisin juste pour passer la nuit. "Je dois trouver un quelque chose pour l'avance" martèle t-il. Les pensées traumatisées par la vue de sa fille aînée de 15 ans, il crie à la méchanceté des hommes."Les gens de nos jours sont devenus méchants". Toujours pas rétablis d'une hémorroïde qui l'a cloué au lit deux mois durant, il n'a pu se faire opérer comme prescrit par le médecin: "Je n'arrive pas à payer un loyer de 70.000 F Cfa et c'est 200.000 F Cfa que je vais verser". 
    Cette histoire a suscité en moi un peu de dégoût par rapport à la société dans laquelle l'on vit de nos jours. Sans argent, l'accès aux soins de santé s'avère de l'utopie. Vivant pourtant dans la Rès Publicà, la chose d'autrui, donc de nous tous, une franche de la population détient le monopole de la richesse. Une très petite franche. Les politiciens pour lesquels les besoins des populations à majorité pauvres, ne sont prises en considération qu'à la veille d'échéances électorales. Des industriels qui pour la plupart ont bénéficié des subventions de jeunes Etats voulant se constituer une classe industrielle nationale. De hauts fonctionnaires dont les études en occident ont été financé par les pouvoirs publics. Ou encore de jeunes sportifs qui ont eu la chance de percer dans le football et le basket-ball. 
   La mobilité sociale érigée en garantie, c'est plutôt en une répétition des phénomènes que l'on assiste. Le fils du  haut fonctionnaire devient haut fonctionnaire, le descendant de l'industriel prend les rênes de l'entreprise familiale et la politique est le parachute pour un accès rapide à une fortune. L'intérêt général est jeté en pâture à des charognards de la fortune publique. Au sein de ce système, il faut être vil pour s'en sortir. Seules les mains les plus sales s'en sortent. Au bas de l'échelle, l'ouvrier doit fournir des efforts physiques énormes (parfois lui coûtant la santé) et ne toucher qu'un faible centime sur les bénéfices. 
   Selon un rapport d'Oxfam, les inégalités sociales se sont accrues depuis la crise financière. Les riches sont devenues beaucoup plus riches. Et les pauvres, tirant par la queue en plus de celle de Lucifer, celle de son fils, Méphisto.   Le vol, la prostitution devenant comme les seuls recours pour s'en sortir. Et les forts taux enregistrés dans les pays capitalistes ne sont pas anodins. Comme quoi, le combat de Hugo Chavèz face à ce système qui retire toute humanité à l'homme se doit d'être on ne moins taxé d'illuminé ou encore de vain. Et les Etats-unis sous la présidence de Barack Obama ont avec la loi sur la santé montré à quel point ce système peut être froid et reléguer l'intérêt général au second rang. Comme quoi, peut-être bien que Chavez a raison.

samedi 28 février 2015

Afrobasket 2015 : Le Sénégal dans l’espoir d’une invitation

Les Gaïndés à l'échauffement
    Les incantations du 12ème Gaïndé (entendu douzième Lion en wolof) n’ont pas suffi à couper les ailes des Aigles qui se sont envolés pour la Tunisie, laissant sur leur faim les Lions du Sénégal. Seule une invitation de la Fédération Africaine de basket-ball qualifierait  les troisièmes du dernier  championnat Afrobasket à l’édition 2015 et aux XIes Jeux Africains de Brazzaville.  
    Défaits 47 à 50 sur le parquet du stade Marius NDIAYE de Dakar, les basketteurs Sénégalais n’ont pas pu combler les 22 points d’écarts encaissés lors du match aller, à Bamako, au Mali.
    A l’entame du match, les huitièmes de finaliste des derniers championnats du monde prennent d’assaut le camp malien. Soutenus par un public venu en grand nombre, l’adresse aux tirs extérieurs n’est pas au rendez-vous. Les shoots à mi-distance eux aussi font défaut.  Il faut alors s’en remettre aux lancers-francs causés par le meneur de jeu lors de pénétration. Du côté malien, la raquette domine et le moindre rebond est assuré. Les deux équipes vont se séparer sur un score de 11 partout.
    Dès le début du second quart temps, les poulains du sélectionneur Cheikh SARR souffrent et font montre d’inefficacité dans la bouteille  adversaire. A la mi-temps, c’est par une avance d’un point qu’ils retournent au vestiaire : ils mènent 20 à 19.
    En seconde mi-temps, les Aigles changent de jeu et retrouvent leur jeu collectif perdu lors du premier quart temps. La balle circule et les paniers s’enchainent. Le pivot malien assure le spectacle par un dunk autoritaire sur les postes 4 et 5 Sénégalais. Effectuant un pressing tout terrain sur le porteur du ballon, les basketteurs Sénégalais se font malmenés par les cross-overs et autre dribbles du dossard 5 malien. La défense de la Teranga prend l’eau de partout. Le score est de 40 à 33.    

   Blessés dans leur orgueil, les Gaïndés  retrouvent leur adresse et enfilent les paniers à 3 points. A  deux minutes de la fin du match, le Sénégal passe en tête. Mais les Maliens eux aussi encouragés par leur public, répondent par des paniers longue et courte distance et remportent la partie. Une légère altercation entre quelques supporters isolés Maliens et les forces de police sénégalaises est toutefois à signaler. Fans et heureux de leur double qualification, ils ont enjambé les barrières de sécurité dans le but de jubiler avec leurs basketteurs.