| Mme Sonko,MM. Ndongo Samba Sylla et Thierno Diop |
Le
mercredi 25 Novembre dernier, la case foyer du Centre des études des sciences
et techniques de l’information (Cesti) a tenu son troisième Carrefour
d’actualité de l’année académique 2015-2016.
Comme invité, l’économiste Ndongo Samba Sylla a présenté un exposé sur la
problématique de l’émergence en Afrique de l’Ouest.
Comme
pour marquer l’actualité du thème de l'après-midi, l’organisateur des Samedi de l’économie à la fondation Rosa Luxembourg, affirme à l’entame de ses
propos que « l’émergence est un
concept dont on parle beaucoup ses derniers temps. Et dans plusieurs pays
africains, les gouvernements ont même commencé à lancer des plans
d’émergence : Gabon émergent, Bénin émergent, Sénégal émergent ».
Théorie économique récente, l'émergence remonte à 1981 et est de l’économiste Antoine Van Agtmael affirme Ndongo Samba Sylla. Militant d’un
développement du continent noir à partir d’un panafricanisme économique, le
vice-champion du monde de scrabble fustige le discours d’une
« réalité » de l’émergence africaine. Après avoir fait une
présentation des types de pays émergents allant des Brics au pays dont le dynamisme
économique est prouvé (Turquie, Malaisie), en passant par les pays ayant réussis leur
industrialisation (Corée du Sud notamment), celui qui se réclame de l’école de
pensée de Joseph Ki-Zerbo argue que les Pib avancés par les institutions de
Bretton Woods ne reflètent pas la réalité sociale. «La croissance économique ne concerne que cent mille africains sur une
population de près d’un milliard » renchérit-il; comme pour démontrer
l’ampleur des inégalités que l’on rencontre sur le continent. Il poursuit son
analyse en expliquant que « L’indice
du bien-être décroît de jour en jour »
et appelle les gouvernements africains à sortir de la zone Franc, pour
un espoir de développement.
En
fin de présentation, Ndongo Samba Sylla s’attaque au Plan Sénégal émergent (Pse) mis en place par le régime actuel du président Macky Sall. Selon lui, ce
programme n’est « qu’un fourre-tout » de plusieurs stratégies élaborées par
un cabinet occidental, rémunéré à plus de 2 milliards de Francs Cfa. Et, comme
pour mieux remuer le couteau dans la plaie, il affirme par après qu’un « programme auquel les économistes
nationaux n’ont pas été appelé à y contribuer, ne peut conduire qu’à un échec.
En réalité, il ne vise qu’à rattraper économiquement des pays tels que la Colombie
ou le Honduras qui ne sont pas des pays émergents ». En conclusion de son exposé, Ndongo Samba
Sylla s’est soumis au rituel des questions de l’assistance et l’activité s’est
achevée par une photo de famille en compagnie des étudiants et de l’administration
du Cesti dont Mme Elisabeth Sonko et le doyen Thierno Diop.

