Activité dense et très répandue dans la capitale sénégalaise, la mendicité peut parfois revêtir un aspect se rapprochant de l'esclavage infantile.
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| Des enfants-mendiants |
La plus grande ville de mendiants au monde. Telle peut-être l'idée que l'on peut se faire de Dakar, capitale du Sunugal en tant que touriste. Une idée certainement due aux nombreuses interpellations dont vous pouvez faire l'objet au cours d'une visite des lieux historiques dont regorgent l'ancienne capitale de l'Afrique occidentale française.
La probabilité de se voir supplier de l'aumône par des individus, lors d'une randonnée, est proche de l"unité car la mendicité s'étant érigée en activité économique pouvant être reversée dans le secteur informel. D'un œil avisé, vous êtes gentiment accosté. Avec politesse et tact, le nanga def (salutation en wolof, langue locale) est vite présenté comme élément du début de l'échange. Motivé par l'appât du gain, il vous est brièvement conté les mésaventures du malheureux; et la fin de notre tragédie s'effectuant par le motif de l'interpellation: la demande d'une aide financière soit pour pouvoir nourrir les nombreuses bouches familiales, soit même ou encore de quoi retourner à son domicile. Néo samaritain, le côté mécène va vite disparaître car, à quelques pas de votre donation, vous serez de nouveau interpellé par un malheureux de plus. Les Baay faal, attraction principale de cette activité dans la capitale, demeurent une curiosité pour les touristes. Vêtus de leurs njaxaas (boubous et toges multicolores), ce sont des ascètes rafari qui rôdent en journée dans les quartiers à dense activités économiques ou administratives (Sandaga, Grand Dakar, place de l'indépendance). En soirée, ces conservateurs, musulmans de la confrérie des mourides, de la culture wolof, arborent les carrefours et axes de grandes circulations (Almadies, Ngor, Yoff) dans le seul but de percevoir des donations des chauffeurs et autres passagers s'en retournant à leur domicile.
Toutefois, cette forme d'auto-emploi connait un aspect que d'aucuns pourraient taxer de "esclavagistes" et d'"inhumains" du fait de l'utilisation de jeunes enfants qui à longueur de journée, au lieu de se rendre dans des établissements d'enseignements scolaires, squattent les abords des boulangeries, des banques voire des restaurants à la quête d'une éventuelle miche de pain, d'un sachet de lait ou plus important encore, de pièces d'argent. Très souvent pieds nus, le crâne rasé à même la lame (on peut percevoir les traces laissées), d'une saleté exécrable, ceux que l'on appelle "talibés" font montre d'insécurité en courant après les véhicules et autres camions dans le seul but de percevoir un "quelque chose". Leur posant la question sur le pourquoi de leur présence dans les rues, ces derniers vous informent qu'ils ont été placé par leurs parents ne pouvant plus s'occuper d'eux, auprès d'un marabout et, afin de s'acquitter de leurs frais de subsistances, ils doivent au quotidien remettre une certaine somme (500 F Cfa a priori) à leur enseignant. Sous peine de coup de fouet en fin de soirée. Les responsables? Certainement ces parents là ne pouvant subvenir à leur nombreuse progéniture, font montre d'irresponsabilité criarde. Une situation qui vient soulever le problème de la contraception, sujet tabou dans ce pays où traditions ancestrâles, religion et modernisme s'affrontent.
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