lundi 8 décembre 2014

Sommet de la Francophonie 2014 : Une Afrique francophile absente à Dakar

Evénement francophone ayant lieu tous les deux ans, le sommet de la Francophonie est une occasion pour les Etats de promouvoir leur savoir-faire. Une stratégie que peu de pays Africains songent à faire.
Des visiteurs au stand du Cameroun
Un stand d’une dizaine de mètre carré, une table de forme rectangulaire, une autre petite table ronde dénudée,  et un monsieur d’environ 60 ans qui vous y accueille. La pancarte qui est aussi dessus vous indique le nom de l’Etat-exposant : Le Cameroun. Pays d’Afrique centrale d’une superficie de 475 000 km2, le Cameroun est considéré pour certains comme étant l’Afrique en miniature. Doté de richesses considérables, d’un relief variant le sahel à la forêt vierge, en passant par la savane et les montagnes, plus de 200 ethnies s’y côtoient. Les habitudes alimentaires, traditions, danses et styles vestimentaires varient que l’on passe d’une région à une autre.  Le café est loin d’y être le seul savoir-faire à même de faire palier de rage un occidental en mal de nostalgie coloniale. Mais ici,  au village de la Francophonie, cette diversité culturelle du pays de Manu Dibango se résume en un sachet de café.
Le Cameroun n’est pas le seul Etat membre de la francophonie dont les visiteurs de l’évènement n’auront pas la chance de découvrir les rythmes, danses et autres legs ancestraux des cultures francophiles africaines. Le Bénin et le Togo sont absents. Le Rwanda, passé maître en recyclage du plastique. La République démocratique du Congo et ses universités dont la médecine n’a plus de secret. Il faut dire que les ambassades et autres consulats ont plus misé sur une participation massive de leurs ressortissants à Dakar, pour l’accueil des chefs d’Etat et premières dames.
Nombreux aux abords du salon d’honneur de l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Yoff, et aussi devant l’hôtel dans lequel loge les délégations de leur pays respectif, l’amour pour la patrie passe en dernier plan. Une somme a été avancée par les autorités consulaires : 2500 F Cfa chez les Camerounais,  30 000 F Cfa pour les Togolais. Et un calcul rapide au vu des personnes présentes, vous donne le tournis sur une estimation de la somme totale déboursée. Pendant ce temps, la France et le Canada s’attèlent eux à vendre leurs écoles et universités aux jeunes sénégalais en mal d’un « ailleurs ». La stratégie ici étant plus à l’entrée de fonds qu’à la dépense.

Le poste de Secrétaire général ayant été perdu à l’avantage de l’Occident, et ce en dépit d’une majorité confortable au décompte des membres, à l’exception de la Côte d’Ivoire, de la Tunisie, du Gabon, du Mali et ses magnifiques vêtements en Bogolan (tissu traditionnel), les Etats africains ont fait montre d’une certaine absence à ce rendez-vous des cultures et des économies. Une absence qui s’est vite transformée en une mésentente diplomatique marquée par un non consensus sur le candidat africain devant remplacer le président Abdou Diouf. De quoi augurer d’une poursuite des mauvaises heures d’un continent qui souffre déjà de guerres et d’épidémies.  

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