vendredi 18 mars 2016

Les réseaux sociaux : la nécessaire refonte déontologique

Marche de protestation devant l'ambassade du Cameroun en France
    Le samedi 13 mars dernier, le décès de façon tragique d’une femme enceinte et deses deux bébés aux portes de la maternité de l’hôpital Laquintinie de Douala, a suscité beaucoup d’émotions à travers les réseaux sociaux.  Juchée à même le sol, la défunte a subi unecésarienne post-mortem et à ciel ouvert, de la part de sa sœur : Les deux bébés, selon certains témoins, donnaient encore des coups de pied dans le ventre. Face à l’apathie des infirmières et du médecin de garde, munie d’un scalpel, la sœur se charge d’effectuer l’opération sous le regard de badauds filmant la scène avec leur téléphone portable. Situation de « trop » dans un hôpital considéré de « mouroir » par les populations, les photos et les vidéos vont circuler dans les réseaux sociaux (Twitter et Facebook notamment). Causant par ainsi, de vives tensions entre les forces de l’ordre et les populations de la capitale économique camerounaise, venues nombreuses manifester leur mécontentement après l’arrestation de celle qui a pour l’occasion, jouer le rôle de chirurgien. Une anecdote voudrait même que le chef de l’Etat Paul Biya en séjour en Suisse, ait écourté son voyage afin de mettre sur pied une commission d’enquête afin de sanctionner les responsables du centre de santé. Une nouvelle preuve de l’influence des réseaux sociaux, aurait avancé Julie Mirande, au lendemain de la révolution arabe dite révolution du jasmin par lesjournalistes.
     Questionné sur son caractère de source par les journalistes après la diffusion récurrente de rumeurs sur les réseaux sociaux (un twitte informant de l’éruption du mont Cameroun avec publication à l’appui d’images sur lesquelles on voit des flammes sur un des versants de la montagne-Char des dieux ; ou encore le partage d’articles-rumeurs  annonçant le décès de l’ex-capitaine des Lions Indomptables du Cameroun, Rigobert Song Bahanag), ou encore sur la protection des informations, la publication d’images ou vidéos sensibles appellent à une refonte du code déontologique en vigueur sur les réseauxsociaux. Certes dans certains Etats, la législation fixe l’âge d’inscription sur Whatsapp et autre Snapchat, ou encore l’entreprise créée par Mark Zuckenberg dans sa politique du respect de l’image et des vidéos permet de signaler certains contenus abusifs, mais force est de constater qu’avec la vitesse à laquelle l’information circule, cette action est devenue aujourd’hui inefficace. Le cas de ce que l’on qualifie aujourd'hui de l’affaire Monique Koumateke vient encore démontrer l’impact que peut avoir les réseaux sociaux sur une population. Entre désinformation et information, les citoyens, membres de la société civile, journalistes n’ont eu que pour premier réflexe : mettre à mal les institutions. Une preuve de plus que cette nouvelle forme de médias, que sont les réseaux sociaux, sont un danger. Et se doivent d'être régulés. 

   

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